L’ère de la voiture individuelle – Storytime Corona

Comme d’habitude, je me rends à pied à la Coop pour faire mes petites courses. Trouvant la porte principale fermée, je suis devant un écriteau qui indique que l’entrée se fait uniquement depuis le parking, situé à l’étage inférieur, mesures sanitaires obligent. Je prends donc les escaliers pour descendre, me retrouve dans le parking où l’air pollué et le vrombissement des moteurs ravissent mon odorat et mon ouïe, et comprends rapidement qu’il va falloir le traverser entièrement afin d’arriver à ladite porte d’entrée. Ce détour m’interpelle et je commence à réfléchir à la place qu’occupent piétons et cyclistes dans la tête des personnes qui décident de ce genre de mesure. Sommes-nous obligé de prendre la voiture afin de pouvoir faire nos courses agréablement? Les piétons, les jeunes, ceux qui n’ont pas le permis de conduire sont-ils des citoyens de seconde zone?

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres où l’on remarque que les mobilités douces ne sont pas uniquement moins tendance ou moins utilisées que les moteurs à essence mais qu’elles sont également ignorées et défavorisées dans la conception même de nos zones urbaines. Il serait grand temps de nous réapproprier nos espaces de vie, pas à pas, afin qu’ils soient praticables et agréables pour tous!

PS : j’aurais bien aimé me rendre à la ferme plutôt qu’au supermarché pour faire mes courses, malheureusement je n’en ai pas encore trouvée à la portée de ma foulée.

Appel du 4 mai

« Pour un redémarrage humaniste local et durable »

A l’heure où la question de la relance de l’économie est sur toutes les lèvres, les acteurs actifs dans la protection de l’environnement sont plus que jamais mobilisés afin que les aides accordées aux différents secteurs économiques soient attribuées dans une optique durable. A titre d’exemple, les aides annoncées au secteur aérien, ne semblent pas aller dans la bonne direction pour beaucoup d’entre nous. Une initiative a été lancée pour informer le Parlement de l’avis de la population sur la question : l’Appel du 4 mai, jour du début de la session extraordinaire du Parlement. Tout est expliqué en détail sur le site https://appeldu4mai.ch , que vous êtes invité à consulter. Faisons entendre notre voix, montrons-nous le 4 mai !

Le pangolin

La réalité de l’émergence de nouveaux virus nous ramène inlassablement aux enjeux environnementaux ; de la déforestation au commerce illégal d’animaux sauvages en passant par les inégalités sociales saillantes.

Le pangolin devient tristement connu dès lors qu’il est suspecté d’avoir joué un rôle dans la propagation de la maladie. Pourtant, depuis plusieurs années déjà, ce mammifère, du genre Manis, est le plus braconné de notre planète. La demande asiatique, principalement chinoise, comme mets de luxe et pour la médecine traditionnelle, alimente un trafic illégal. Des quantités astronomiques d’animaux sont importés des pays aux alentours de la Chine – le Cambodge, le Viêt Nam, la Birmanie, le Laos et principalement l’Indonésie et la Malaisie – et d’Afrique – principalement le Niger et le Cameroun. La demande asiatique est si importante qu’un large commerce c’est ainsi formé entre l’Afrique et l’Asie, sur la même route que le traffic d’ivoire.

La structure de notre monde inégalitaire maintient et amplifie ce commerce. La plupart des braconniers sont des paysans qui vivent dans des conditions plus que difficiles et pour qui le braconnage permet d’assurer un maigre revenu. Alors qu’au bout de la chaîne, le commerce illégal est orchestré par des personnes richissimes et avides.

En plus du braconnage illicite, le pangolin subit de plein fouet la réduction et la modification de son habitat naturel. Pour cause: la déforestation, l’urbanisation, l’utilisation de pesticides dans l’agriculture, la sécheresse causée par le changement climatique… Le pangolin comme symbole de notre non-durabilité.

Or, les relations, interactions et structures que forme le vivant composent notre filet de sécurité à tous, notre toile de vie.