Le pangolin

La réalité de l’émergence de nouveaux virus nous ramène inlassablement aux enjeux environnementaux ; de la déforestation au commerce illégal d’animaux sauvages en passant par les inégalités sociales saillantes.

Le pangolin devient tristement connu dès lors qu’il est suspecté d’avoir joué un rôle dans la propagation de la maladie. Pourtant, depuis plusieurs années déjà, ce mammifère, du genre Manis, est le plus braconné de notre planète. La demande asiatique, principalement chinoise, comme mets de luxe et pour la médecine traditionnelle, alimente un trafic illégal. Des quantités astronomiques d’animaux sont importés des pays aux alentours de la Chine – le Cambodge, le Viêt Nam, la Birmanie, le Laos et principalement l’Indonésie et la Malaisie – et d’Afrique – principalement le Niger et le Cameroun. La demande asiatique est si importante qu’un large commerce c’est ainsi formé entre l’Afrique et l’Asie, sur la même route que le traffic d’ivoire.

La structure de notre monde inégalitaire maintient et amplifie ce commerce. La plupart des braconniers sont des paysans qui vivent dans des conditions plus que difficiles et pour qui le braconnage permet d’assurer un maigre revenu. Alors qu’au bout de la chaîne, le commerce illégal est orchestré par des personnes richissimes et avides.

En plus du braconnage illicite, le pangolin subit de plein fouet la réduction et la modification de son habitat naturel. Pour cause: la déforestation, l’urbanisation, l’utilisation de pesticides dans l’agriculture, la sécheresse causée par le changement climatique… Le pangolin comme symbole de notre non-durabilité.

Or, les relations, interactions et structures que forme le vivant composent notre filet de sécurité à tous, notre toile de vie.

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