Le pangolin

La réalité de l’émergence de nouveaux virus nous ramène inlassablement aux enjeux environnementaux ; de la déforestation au commerce illégal d’animaux sauvages en passant par les inégalités sociales saillantes.

Le pangolin devient tristement connu dès lors qu’il est suspecté d’avoir joué un rôle dans la propagation de la maladie. Pourtant, depuis plusieurs années déjà, ce mammifère, du genre Manis, est le plus braconné de notre planète. La demande asiatique, principalement chinoise, comme mets de luxe et pour la médecine traditionnelle, alimente un trafic illégal. Des quantités astronomiques d’animaux sont importés des pays aux alentours de la Chine – le Cambodge, le Viêt Nam, la Birmanie, le Laos et principalement l’Indonésie et la Malaisie – et d’Afrique – principalement le Niger et le Cameroun. La demande asiatique est si importante qu’un large commerce c’est ainsi formé entre l’Afrique et l’Asie, sur la même route que le traffic d’ivoire.

La structure de notre monde inégalitaire maintient et amplifie ce commerce. La plupart des braconniers sont des paysans qui vivent dans des conditions plus que difficiles et pour qui le braconnage permet d’assurer un maigre revenu. Alors qu’au bout de la chaîne, le commerce illégal est orchestré par des personnes richissimes et avides.

En plus du braconnage illicite, le pangolin subit de plein fouet la réduction et la modification de son habitat naturel. Pour cause: la déforestation, l’urbanisation, l’utilisation de pesticides dans l’agriculture, la sécheresse causée par le changement climatique… Le pangolin comme symbole de notre non-durabilité.

Or, les relations, interactions et structures que forme le vivant composent notre filet de sécurité à tous, notre toile de vie.

Climat et corona

Différentes générations en danger

Alors que le monde s’est arrêté pour enrayer une pandémie qui touche les plus âgé.e.s et les personnes vulnérables, les revendications pour le climat et la biodiversité sont oubliées. Le futur des jeunes générations est toujours menacé.

En Europe, le mois de mars a été presque 2°C plus chaud que la moyenne des mois de mars de la période 1981-2010. Il y a une semaine, le Conseil fédéral garantissait un prêt pour assurer la survie du secteur aérien. Rage.

Pour certains partis politiques suisses, « l’économie c’est la santé ». C’est vraiment dommage parce que le climat c’est aussi la santé. Selon l’OMS : « de très nombreuses données montrent que l’activité humaine influe sur le climat mondial, avec de graves répercussions pour la santé publique. ». Or, le climat et l’économie actuelle sont incompatibles. Ah il va donc falloir choisir ? Quelle économie souhaitons-nous et quelle santé voulons-nous ? La possibilité d’habiter la terre ou celle de la détruire?

Premières pensées …

A l’heure où la pandémie fait rage, il semble difficile de penser à l’avenir. Pourtant, nous disposons d’une merveilleuse opportunité pour nous questionner sur notre mode de vie et de modifier nos habitudes afin de les aligner avec nos valeurs profondes. Nous sommes à un tournant : qu’allons nous faire, retourner dans nos mêmes habitudes qui nous ont menées à la catastrophe ou enfin se diriger vers un monde plus paisible et respectueux des autres humains et de l’environnement ?

L’après-confinement risque d’aller vite et nous devons donc nous y préparer du mieux que pouvons, et ce à plusieurs niveaux.

Au niveau personnel d’abord, en réalisant une liste, un schéma de ce qui est vraiment important pour nous, dans l’optique réaligner son énergie sur les choses qui nous tiennent à cœur.

Au niveau professionnel ensuite, en réfléchissant à ce qui pourrait être amélioré dans nos pratiques quotidiennes, autant sur le plan de l’impact des activités économiques sur l’environnement que sur la qualité de nos interactions avec nos collègues, la bienveillance que l’on apporte sur notre lieu de travail.

Au niveau sociétal finalement, en se posant la question de notre responsabilité de nos actions en tant que société, qui devrait viser un bien-être collectif et non une course effrénée derrière des chiffres.

Nous avons besoin de chacun d’entre vous pour opérer ce changement de fond dans nos vies et nous espérons vivement que, à la manière du colibri, chacun puisse faire sa part et aider à faire émerger un monde plus à l’écoute et empli de bienveillance.

PS : Le groupe WWF Youth se tient à l’écoute de vos propositions si vous souhaitez nous faire part de vos idées. Nous pouvons vous apporter du soutien et des conseils si vous avez une idée de projet et que vous ne savez pas comment vous lancer !

Sandrine